Yesterday Today Tomorrow

<strong>Yesterday</strong> i took 25 minutes to watch a cinematic work by Werner Herzog.
I am very taken by this minimalist work and have been impressed by every piece i have seen by this German filmmaker. 

I stayed up all night unable to sleep thinking about this film and <em>how it operates as a work of art</em> that is simultaneously critical and personal and universal- key elements, in my assessment, necessary in a great work of art. This work brings up the topic of sufferance and makes me recall a text by the New York based art-critic Peter Schjeldahl who wrote about it as necessary element in the experience of the artist in order to create great work. I have for years been appalled at his statement and dismissed them as artistic romance. 

I must now confess, under the analysis of piercing interviews, that there is an undeniable kernel of truth within this notion of pain. I have unwittingly used art to exorcise pain, great or small, as a catalyst for comprehending a complex set of seemingly disparate events in the worlds i inhabit. 
The death of an estimated quarter of a million people with whom i share my Heimat is encapsulated in my <em>Sky Above Haiti / Goddess Constellation</em>. The horror of watching New York's  September  eleven attacks found its exorcism in the <em>Burqa Project: On The Borders of My Dreams I Encountered my Double's Ghost</em>. The trauma of being attacked in the streets of Berlin birthed the Negerhosen2000 projects. 

Perhaps for now I wont lay out the genesis of my works since this is ultimately less important that the work itself and its ability to transmit authentic experience through the a poetic lens. It is that captured authenticity in the art as vessel that will persist and carry an experience through time.
(To be continued)


<span class="small">(Youtube description:Pilgrimage is a 2001 short documentary film by famous Germany director Werner Herzog. Accompanied only by music the film alternates between shots of pilgrims near the tomb of Saint Sergei in Sergiyev Posad, Russia and pilgrims at the Basilica of Guadalupe in Mexico. The score was composed by John Tavener and performed by the BBC Symphony Orchestra with vocal accompaniment by Parvin Cox and the Westminster Cathedral Choir.)</span>
<strong>Today </strong>I received a poem from my father. A poem by René Dépestre (a bio on this poet can be found on my friend Thomas' website<a href="http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/depestre.html"> ile-en-ile</a>)

<span class="small">Au rendez-vous de la vie
Dans une main je tiens mon droit à l’amour
et dans l’autre mon billet pour Berlin
D’un côté de mon coeur resplendit le ciel de ma Patrie
et de l’autre luisent comme des graines
dans l’avant jour d’un fruit
les yeux de tous les enfants du monde.
Mais avant de mettre le cap de mes espérances
sur l’air de Berlin
je veux faire le tour de mon ami Manuel
Je veux faire le tour de l’homme qui se lève chaque matin
avec la première goutte de rosée
bien avant que les coqs s’allument
dans la fraîcheur des arbres
L’homme qui n’a jamais dormi dans un lit
l’homme qui se rase avec un tesson de bouteille.
Je veux que sa voix de paysan souffle en poupe de la mienne
et enfle mes voiles comme un vent de pleine mer.
 Dis-leur que depuis trois ans
les oiseaux ont changé de plumage
et les poissons d’écailles.
Mais que ma négresse n’a pas changé de robe
que ma fillette est morte le mois dernier
parce que  je n’avais pas les sous pour la quinine
que la pluie rentre par le toit de ma maison
pour me voler la lueur de ma lampe
et abîmer la natte de mes amours.
Ne manquez pas de leur dire
que si mon foyer prend l’eau
si ma négresse doit rester nue le jour qu’elle lave sa robe
si au lieu d’une poupée ce sont les fourmis et les vers
qui tiennent compagnie à ma fillette
c’est à cause des actions que le drapeau étoilé
prend sur chaque goutte de ma sueur
afin de régler la note des grenades et des fusils.
Dis-leur que la vie de mon peuple
est un monolithe de peines
d’une coulée de ténèbres comme une lame tranchante d’épée.
Dis-leur que mon peuple ne sait pas consulter une montre
mais parvient à lire l’heure
d’après la profondeur de la faim dans ses entrailles
d’après l’intensité du sommeil contre sa rétine.
Il est midi dans mon ventre
il est minuit dans mes yeux.
Dis-leur que mon peuple ne sait pas compter jusqu’à mille
ne sait pas que la terre tourne.
Dis-leur que nos fins de mois sont aussi closes que des portes de prison.
Je vais à Berlin pour que soit mis l’embargo
sur la faim de mon peuple
l’embargo sur ses menottes sur son grabat
sur ses larmes et ses frissons de malaria
pour que le Dieu dollar cesse de verrouiller
la chanson radieuse de son visage
pour que sa misère ne soit plus à perpétuité
condamné au régime du secret.
Je vais à Berlin pour que la paix
garde toutes ses feuilles et ouvre ses bras
à la vie de tous les peuples
et comme une semence de clarté
dénoue chaque bourgeon de leur avenir.
Je vais à Berlin dans le sillage du printemps
pour que les lendemains de tous les hommes
soient ruisselants de lumière
et que jaillisse ( le pain) le vin le plus rouge de la fraternité</span>

René Dépestre / Poète haïtien, prix Goncourt - vit en France

<strong>Tomorrow</strong> awaits the embrace of yesterdays experiences